Israël signe avec le Liban sans Paris ni le Hezbollah

L’essentiel en 1 min

Drapeaux d'Israël et du Liban côte à côte, symbole de l'accord Israël-Liban

Le 26 juin 2026, Israël et le Liban ont signé à Washington leur premier accord direct depuis 1948. La France a été exclue par veto israélien, le Hezbollah marginalisé par anéantissement militaire. Trente ans de complaisance française envers la milice de Téhéran sont versés au dossier.

Acte trilatéral du 26 juin 2026
Département d’état américain, Washington. Accord-cadre inédit en 14 points liant Israël, le Liban et les États-Unis. Beyrouth s’engage à restaurer le monopole étatique sur la force et à désarmer, sous contrôle strict, les milices. En contrepartie, Israël consent à un redéploiement militaire progressif et conditionnel, amorcé dans deux zones pilotes. L’article 14 adresse une gratitude officielle au président Donald Trump.
Signataires
Yechiel Leiter (Israël), Nada Moawad (Liban) et Daniel Holler (États-Unis), sous l’égide du secrétaire d’état Marco Rubio. Il s’agit du premier traité paraphé directement par les diplomaties israélienne et libanaise depuis 1948.
Absente par veto israélien
La France, récusée par un veto explicite de Jérusalem. Écartée de la table des négociations, Paris tente de revenir par la fenêtre sécuritaire en forgeant, avec Rome, une coalition censée supplanter la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
Absent par conséquence
Le Hezbollah. Décapité militairement entre 2024 et 2025, coupé de l’approvisionnement iranien depuis la chute de Bachar el-Assad, et désavoué par le gouvernement Aoun-Salam. Le 27 juin 2026, Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, fustige un accord humiliant, honteux, nul et non avenu.

L’accord Israël-Liban

La cérémonie se tient au département d’état américain, sous le regard de Marco Rubio. À la tribune, l’ambassadeur Yechiel Leiter déclare : « L’Iran est exclu, le Hezbollah est exclu, et la voie vers la paix entre Israël et le Liban est ouverte. » L’accord Israël-Liban est le premier acte juridique direct entre les deux nations depuis 1948. En 78 ans, le multilatéralisme onusien et la co-médiation européenne n’avaient produit que des résolutions sans portée. Ce format trilatéral règle la question en 14 points.

L’effacement du Hezbollah

Hassan Nasrallah est éliminé le 27 septembre 2024, suivi de son successeur désigné Hachem Safieddine, abattu le 5 octobre. Exsangue, la milice déplore près de 4 000 morts et 10 000 blessés. Le 8 décembre 2024, la fuite de Bachar el-Assad hors de Damas ferme le corridor d’approvisionnement iranien. Beyrouth formalise le monopole étatique sur les armes le 5 août 2025. La dernière manœuvre de la milice, des tirs de roquettes sur Israël en mars 2026 sans consulter le gouvernement libanais, est immédiatement qualifiée de haute trahison par le président Joseph Aoun.

Le Liban Aoun-Salam

En janvier 2025, Joseph Aoun, ancien commandant des Forces armées libanaises, accède à la présidence. Le 8 février, Nawaf Salam, ex-président de la Cour internationale de justice, prend la tête du gouvernement. Pour la première fois depuis trente ans, l’exécutif libanais s’affranchit de la tutelle du Hezbollah. Le Liban tranche : il préfère la souveraineté de l’état à l’emprise d’une milice inféodée à l’étranger.

La carence française

Dès l’ouverture des pourparlers en avril 2026, Jérusalem oppose une fin de non-recevoir catégorique à la participation de Paris. Le contentieux est lourd et public : reconnaissance de l’état palestinien en 2025, dénonciation d’opérations « indiscriminées » menées par Tsahal, appels à l’embargo sur les armes destinées à Israël, et surtout, refus français d’inscrire l’intégralité du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Autant de griefs méthodiquement compilés par la diplomatie israélienne.

La singularité française

Les États-Unis dès 2001, le Royaume-Uni en 2008, l’Allemagne en 2020, mais aussi le Canada, les Pays-Bas, le Japon ou l’Autriche : toutes ces nations classent le Hezbollah, dans son ensemble, comme une entité terroriste. Seule parmi les puissances occidentales, la France entretient depuis trente ans la fiction d’une aile politique distincte de l’aile militaire. Cet aveuglement volontaire a un coût. Il s’appelle Washington, 26 juin 2026.

Macron en quémandeur

Relégué au rang d’observateur, Emmanuel Macron assure depuis le Monténégro, le 4 juin 2026, que la France reste « bien sûr, comme nous l’avons toujours été, disponible pour avancer sur cette voie ». Une posture de quémandeur, confirmée par la confidence d’un diplomate français au Times of Israel : « Ce que nous espérons, ce n’est pas un ticket pour la réunion, mais qu’Israël arrête son offensive sur le Liban. » Paris n’arbitre plus les conflits, Paris implore. Paris ne mesure toujours pas que son biais constant en faveur du Hezbollah a frappé de caducité chacune de ses prises de position.

La conséquence

L’ancien ordre se referme à Washington. L’axe Washington-Jérusalem remplace le multilatéralisme impuissant de la FINUL et les compromissions avec les milices. Donald Trump supervise, Israël dicte ses conditions, le tandem Aoun-Salam s’exécute. Le Liban voulu par la France, souveraineté amputée et livrée au Hezbollah, disparait au profit d’un état qui confisque enfin les armes à ses miliciens. La diplomatie française s’est trompée d’ennemi. Elle en paie aujourd’hui l’addition.

Sentence
L’absence de la France à Washington signe son inutilité au Levant.
Motif
Trente ans de complaisance envers le Hezbollah, milice iranienne que Paris refusait de nommer ennemie.
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