Vous connaissez la dernière macronnerie ? Le gouvernement a trouvé la solution à la crise des Ehpad. Non, pas des soignants. Pas des lits. Pas de l’argent. Un nouveau nom. Les Ehpad s’appelleront désormais « Maisons France Autonomie ». Problème réglé.
C’est du génie bureaucratique à l’état pur. Le même réflexe que Pôle Emploi rebaptisé France Travail. Comme si changer l’enseigne changeait la réalité derrière le comptoir. Et renommer 7 500 établissements, signalétique, papeterie, communication, ça coûte. De l’argent qui aurait pu financer des postes.
La réalité, la voici. 50 000 postes vacants. Des aides-soignantes payées 13 euros brut de plus que le SMIC pour soulever des corps, encaisser des coups, tenir debout douze heures. 78 % d’entre elles souffrent de troubles musculosquelettiques. Mais bien sûr, le problème, c’était le nom.
En 2018, Macron promettait une grande loi sur le grand âge. En 2019, un rapport disait « le temps d’agir ». En 2026, on en est à la « conférence nationale en septembre ». Huit ans de promesses. Zéro loi. 300 000 personnes dépendantes supplémentaires d’ici 2030 et pour y répondre, 4 500 postes financés sur les 50 000 nécessaires. Seulement 9 %. Vous n’y croyez pas ? Moi non plus.
Le patronat des Ehpad lui-même le dit : « Le grand âge est la variable d’ajustement de l’instabilité politique. » Quand le lobby patronal te reproche ton inaction, c’est que tu as touché le fond.
On vieillit tous. Et l’état qu’on finance pour nous protéger quand on ne pourra plus le faire nous-mêmes, cet état-là, sa meilleure réponse, c’est un panneau neuf sur une ruine. La macronie dans ses œuvres : la communication tient lieu d’action.



