Rima Hassan comparaît ce mardi 7 juillet 2026 devant la 17e chambre correctionnelle de Paris pour un tweet du 26 mars glorifiant Kōzō Okamoto, seul survivant du commando qui abattit 26 civils à l’aéroport de Lod le 30 mai 1972. La France insoumise dénonce un « délit de Palestine » et masse ses cadres devant le tribunal.
Le 30 mai 1972, à l’aéroport international de Lod, en Israël, trois passagers débarquent du vol Air France 132 en provenance de Rome. Dans le hall des arrivées, ils sortent fusils d’assaut et grenades de leurs bagages. Ils ouvrent le feu à l’aveugle sur la foule. 26 morts. 17 pèlerins portoricains. Le professeur Aharon Katzir, biophysicien, référence mondiale en recherche nucléaire.
54 ans plus tard, une eurodéputée française érige en modèle l’unique survivant de ce commando. Rima Hassan en répond ce mardi 7 juillet 2026 devant la 17e chambre correctionnelle de Paris.
L’attentat de Lod
Les assaillants se nomment Kōzō Okamoto, Tsuyoshi Okudaira et Yasuyuki Yasuda. Membres de l’Armée rouge japonaise, un groupuscule d’extrême gauche, ils agissent pour le compte du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Depuis Beyrouth, le chef des opérations extérieures du mouvement, Wadie Haddad, a orchestré l’attaque. Son stratagème : recruter des ressortissants asiatiques pour déjouer la vigilance israélienne.
Le carnage s’achève en moins de deux minutes. Okudaira tombe sous des tirs croisés, Yasuda périt déchiqueté par sa propre grenade. Blessé, Okamoto est capturé vivant. La justice israélienne le condamne à la perpétuité.
Qui est Kōzō Okamoto ?
Né en 1947 dans le sud du Japon, cet ancien étudiant en botanique a basculé dans la lutte armée à 24 ans. Il recouvre la liberté en 1985, à la faveur d’un vaste échange de prisonniers, après 13 années de détention en Israël. Il transite par la Libye et la Syrie pour finalement s’établir au Liban.
En 2000, Beyrouth lui octroie l’asile politique, un privilège rarissime pour un étranger. Aujourd’hui âgé de 78 ans, Okamoto réside toujours dans les camps palestiniens. Une frange de la mouvance le vénère comme un héros et célèbre, chaque année, l’attentat de Lod comme un fait d’armes.
C’est cet homme qui, le 26 mars 2026, ressurgit sur le compte X d’une élue de la République française.
Le tweet
Rima Hassan, née dans le camp de Neirab en 1992 et élue au Parlement européen sous l’étiquette de La France insoumise en juin 2024, publie ce jour-là un message de trois lignes.

Le message nomme un homme, lui prête une consécration honorable et érige son geste passé en modèle contemporain, sous le mot de « résistance ». Quatre jours plus tard, le ministre de l’Intérieur signale la publication au parquet. L’Organisation juive européenne, la Licra et un cadre du Rassemblement national déposent plainte dans la foulée.
Le procès de Rima Hassan
Introduit par la loi du 13 novembre 2014, l’article 421-2-5 du Code pénal réprime l’apologie publique du terrorisme. La peine encourue s’élève à 5 ans d’emprisonnement et 75,000 euros d’amende. Elle grimpe à 7 ans et 100,000 euros lorsque l’infraction emprunte un service de communication au public en ligne. Un réseau social entre dans cette catégorie.
Le débat juridique de fond est tranché depuis six ans. Le 19 juin 2020, le Conseil constitutionnel a validé ce texte de loi, écartant toute atteinte disproportionnée à la liberté d’expression. Seule l’appréciation des faits subsiste. La 17e chambre correctionnelle en a désormais la charge.
La France insoumise a transformé cette comparution en tribune politique. Cinq jours avant l’audience, le communiqué du parti appelait à un rassemblement sur le parvis, discours au mégaphone et haie d’honneur aux portes du tribunal. Jean-Luc Mélenchon fustige une « police politique ». Manuel Bompard s’indigne des fuites de garde à vue relayées par Le Canard enchaîné. Manon Aubry crie au « harcèlement judiciaire ».
Une pétition signée par plus de 210 personnalités, parmi lesquelles Annie Ernaux, Christiane Taubira, Virginie Despentes, Xavier Dolan et Benjamin Biolay, réclame l’acquittement au nom de la liberté d’expression. Aucun de ces soutiens n’effleure le contenu réel du message incriminé. Pas un mot sur Okamoto. Pas un mot sur Lod. Pas un mot sur le 30 mai 1972. Ce vide au centre du texte en est la structure.
Le « délit de Palestine »
C’est la qualification que La France insoumise a choisie. Sur le parvis, dans les tracts, sur les banderoles, un seul slogan : le « procès du délit de Palestine ». La formule relève de l’illusionnisme. La 17e chambre ne juge pas une opinion politique, mais un message précis glorifiant l’auteur d’un massacre de civils. Maquiller cette infraction en « délit de Palestine » revient à draper une apologie du terrorisme dans l’étendard d’une cause.
Mais ce tour de passe-passe se retourne contre ses auteurs. Si l’apologie d’Okamoto est bien « la Palestine », alors La France insoumise vient de dire, en un mot, ce que cette cause est devenue à ses yeux : une cause indissociable du terrorisme. Le procès du 7 juillet met en lumière une gauche radicale qui approuve l’utilisation du terrorisme comme moyen légitime quand la cause est juste à ses yeux.
- Le « délit de Palestine » brandi par La France insoumise est un aveu.
- La cause palestinienne est indissociable de ses terroristes. Sur la scène internationale, ses visages les plus célèbres demeurent ceux de tueurs de civils : Okamoto à Lod, les fedayins à Munich, Marwan Barghouti pendant la seconde Intifada, les commanditaires du 7 octobre 2023. Le terrorisme est le moyen que cette cause a employé pour se faire connaître, et après huit décennies de refus d’États successifs et de couloirs diplomatiques désertés, il en est devenu la fin en soi. La défense de Rima Hassan par un parti entier de la République française n’est pas un accident procédural. Elle assume la nature nihiliste d’une cause qui a fait du massacre de civils sa signature internationale. La France insoumise l’a dit avant Progressisme, dans le mot qu’elle a choisi pour son communiqué : oui, ce qui se joue au tribunal ce mardi est bien « la Palestine » telle que ce premier parti antisémite de France la conçoit.



