La justice en roue libre, forte avec les faibles, faible avec les forts


Balance de la justice déséquilibrée illustrant la doctrine du Syndicat de la magistrature

Le 19 juin 2026, le tribunal judiciaire de Bobigny qualifie une mère plaignante de « psychologue bobo » qui aurait « entraîner » son fils de 7 ans dans un « délire de victimisation ». La faute d’orthographe trahit l’empressement ; la phrase, elle, trahit une doctrine, couchée par écrit en 1974 par le Syndicat de la magistrature, vivace un demi-siècle plus tard.

Le délinquant
indulgence
« On peut également imaginer que sa mère, psychologue et bobo, d’ailleurs plus bohème que bourgeoise, avait surréagi et entraîner son fils dans un délire de victimisation de violences sexuelles, biaisant ses déclarations par sa réaction et son insistance. »
Tribunal judiciaire de Bobigny, 19 juin 2026
La plaignante
mépris

Une mère porte plainte pour violences sexuelles sur son fils de 7 ans. Le tribunal raille son métier, son quartier, son style de vie. Le préjugé sur la plaignante l’emporte sur le fait reproché : justice à la gueule du client, couchée par écrit par des magistrats en exercice. Gérald Darmanin y voit une gravité extrême et saisit le Conseil supérieur de la magistrature. Bobigny dit tout haut ce qu’un demi-siècle de doctrine militante impose tout bas.

La doctrine

L’origine est datée, signée, publiée. 1974. Oswald Baudot, substitut à Marseille, adresse aux jeunes magistrats une harangue qui devient le texte fondateur du Syndicat de la magistrature. Le texte circule, s’enseigne, se revendique.

« Soyez partiaux. Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, il faut que vous la fassiez un peu pencher d’un côté. Ayez un préjugé favorable pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice. »
Oswald Baudot, Harangue aux jurés, 1974

Aucun désaveu ne suit. En 2013, le Mur des cons épingle au siège du syndicat des photographies d’opposants politiques ; sa présidente Françoise Martres écope en 2021 de 500 euros d’amende pour injure publique. La doctrine Baudot, elle, demeure intacte. Le Syndicat de la magistrature rassemble 904 adhérents, près de 25 % du corps, et ses communiqués de 2026 revendiquent encore la « partialité comme méthode ». Une minorité qui forme, qui juge, qui parle pour la profession.

Le mécanisme

140 000 obligations de quitter le territoire prononcées en 2024, 7 % exécutées. 41 % des peines de prison ferme aménagées avant d’avoir été purgées. Pour l’outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, la part de prison ferme prononcée recule de 12 points entre 2017 et 2024. La constante est limpide : le coupable est ménagé. Le clandestin reste, le récidiviste sort, l’agresseur d’agent évite la prison.

En face, les victimes paient. Lyhanna, 11 ans, est tuée dans le Gers le 29 mai 2026. Les antécédents pédocriminels du suspect Jérôme Barella n’avaient jamais abouti judiciairement. Ailleurs, une autre mère qui alertait la gendarmerie depuis des mois s’est vu menacer de poursuites pour harcèlement. Le ministère remet 70 000 plaintes de mineurs sur la pile en juin 2026. À Bobigny, la plaignante est une bobo ; ailleurs, elle est une harceleuse. Avant l’agresseur, c’est elle qui devient suspecte. La loi Samuel Paty retournée contre un journaliste raconte la même histoire : la sévérité frappe les Français ordinaires, l’indulgence couvre les minorités. Le code est le même pour tous ; les juges en font deux justices.

Le verrou

La doctrine se reproduit parce qu’elle s’enseigne. L’École nationale de la magistrature forme chaque promotion sous l’influence directe du Syndicat de la magistrature : élus au conseil pédagogique, enseignants invités, séminaires statutaires. La sélection initiale, l’évaluation continue, la culture professionnelle passent par ce filtre. Les Français ont fait leur diagnostic. La confiance dans la justice chute à 49 % en 2024, perd 15 points en dix-sept ans. 66 % des Français disent leur défiance ; 68 % jugent l’institution trop indulgente ; 69 % la trouvent inégale selon les justiciables. Le diagnostic populaire précède le diagnostic institutionnel.

Ce qu’il faut faire

La sanction du magistrat doit redevenir effective. Le Conseil supérieur de la magistrature doit engager la procédure disciplinaire dès qu’un jugement viole le devoir de réserve ou affiche un préjugé social explicite ; la révocation doit redevenir l’aboutissement normal d’une faute professionnelle caractérisée, comme dans toute autre administration.

Chaque jugement doit être motivé en transparence : le juge expose les éléments retenus, justifie son barème, démontre par écrit son impartialité. L’évaluation continue de chaque juge doit intégrer un critère d’objectivité, mesuré décision par décision et opposable en cassation. L’École nationale de la magistrature doit sortir de la cogestion syndicale, et le conseil pédagogique être recomposé hors de toute représentation du Syndicat de la magistrature.

La justice française n’a pas besoin d’argent : elle a besoin de juges responsables de leurs jugements.

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