Ce dimanche 14 juin 2026, Donald Trump signe à Islamabad un mémorandum d’entente avec Téhéran. Cinq jours plus tôt, il avait prévenu Benyamin Netanyahou qu’il se retrouverait « seul très bientôt ». Quand la garantie atlantique cède sous 34 % d’approbation et 102 dollars le baril, l’enjeu n’est plus de savoir si l’Iran fabriquera sa bombe, mais qui, à Pékin, Moscou, Riyad, Séoul, Varsovie, vient d’apprendre que la signature américaine se monnaie.
Le scénario. À Islamabad, sous médiation pakistanaise, Trump signe avec Téhéran un accord qui lève le blocus naval américain, paralyse la pression militaire israélienne et accorde un sursis à un régime que l’Agence internationale de l’énergie atomique avait déclaré en violation un an plus tôt. Cet accord Trump-Iran redistribue les cartes de la sécurité mondiale.
Ce qui se jouerait. La crédibilité de la signature américaine comme socle des alliances occidentales, et le prix qu’en tireront, dès demain, Pékin, Moscou, Riyad, Séoul, Varsovie.
Cinq jours plus tôt, le président américain avait prévenu Benyamin Netanyahou : « Tu ferais mieux d’être prudent ou tu te retrouveras seul très bientôt. » Le spectre de Munich 1938 ressurgit : un accord conclu non pour régler une crise mais pour acheter du temps au signataire, dicté par la politique intérieure. L’onde de choc frappe d’abord Jérusalem et Téhéran, puis chaque allié de Washington. Reste à savoir ce que chacun en tirera.
La capitulation à 34 % de popularité
La séquence militaire semblait pourtant implacable. Le 13 juin 2025, Israël déclenche la guerre des douze jours. L’armée élimine trente commandants des Gardiens de la révolution et quatorze scientifiques nucléaires, puis détruit la moitié de l’arsenal balistique iranien. Fin août, Paris, Londres et Berlin activent le rétablissement automatique des sanctions internationales. L’ONU suit un mois plus tard.
Le 28 février 2026, l’opération américano-israélienne Epic Fury pulvérise neuf cents cibles en douze heures. Ali Khamenei périt dans les frappes. En avril, la marine américaine verrouille les ports iraniens. La stratégie porte ses fruits.
Puis tout se brise. Entre le 10 et le 11 juin, le baril de Brent bondit de 91 à 102 dollars : Fitch anticipe un retour à la suroffre dès la réouverture d’Ormuz, mais le signal politique est déjà envoyé. L’OCDE ampute les prévisions de croissance mondiale. Les sondages accablent Donald Trump. Ce dimanche, le président américain sacrifie onze mois d’efforts militaires. L’accord Trump-Iran laisse à Téhéran 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %, une matière suffisante pour forger dix armes nucléaires. Trump préfère ménager le prix de l’essence plutôt que d’empêcher la bombe. Il privilégie l’opinion à l’alliance.
L’accord Trump-Iran et le recalibrage des nations
Le régime des mollahs survit à sa propre décapitation. La fin du blocus rouvre le détroit d’Ormuz, libérant un cinquième des exportations pétrolières mondiales. Téhéran conserve et disperse son uranium. Le Hezbollah renfloue ses caisses via la Syrie pendant que les Gardiens de la révolution rebâtissent leur commandement. Les experts donnent un à deux ans pour achever la bombe. Téhéran retient l’essentiel : tenir douze mois sous le feu suffit à user un président américain. La prochaine fois, il faudra tenir treize.
Xi Jinping évalue désormais le coût exact d’une reculade américaine : 102 dollars le baril et une chute dans les sondages. Le Pentagone anticipe une offensive sur Taïwan d’ici 2029. Si la crise ukrainienne incitait déjà Pékin à accélérer son calendrier, l’abandon de l’Iran l’y pousse définitivement. Simultanément, Vladimir Poutine constate que les ultimatums occidentaux cèdent dès que l’inflation frappe l’Amérique. Les adversaires de l’Occident assimilent une vérité brutale : le parapluie américain porte une étiquette de prix, désormais affichée aux yeux de tous.
L’Arabie saoudite accélère son programme nucléaire et ravive ses ambitions militaires. Mohammed ben Salmane promettait d’imiter l’Iran ; puisque Téhéran a survécu à l’accord Trump-Iran, Riyad s’y prépare. Séoul relance publiquement le projet d’une arme nationale, fort du soutien de sa population. Varsovie perd foi en la protection américaine et multiplie les achats massifs de blindés K2 et de canons K9 sud-coréens. Tokyo et Canberra révisent leur stratégie de défense. Les pays signataires des accords d’Abraham observent leur allié retourner sa veste en quelques semaines. La dissuasion américaine devient une devise instable qu’il faut doubler, ou remplacer.
La doctrine israélienne, « nous frapperons seuls », héritée du raid d’Osirak en 1981, redevient une stricte nécessité. Chaque capitale intègre ce qu’Israël vient de subir : la signature de Washington ne vaut plus que ce que vaut le baril. Le précédent que Trump pensait offrir à l’Iran via cet accord s’applique désormais à la planète entière. Le cessez-le-feu d’avril l’annonçait déjà : les sursis arrachés par la force préparent toujours les capitulations futures.
Face à ce bouleversement, alors que Riyad enrichit son uranium, que Séoul s’interroge et que Varsovie s’arme, Paris reste inerte. Un choix délibéré. La diplomatie française revendique sa voix singulière et se félicite silencieusement du recul américain, confondant le non-alignement avec la grandeur. Demain, quand Israël devra agir seul pour sa survie, la France préparera les sanctions à lui imposer.




