Vous connaissez l’histoire du type qui construit la voiture de course, fabrique le moteur, règle la suspension et regarde la course depuis le paddock ? C’est l’Europe spatiale en 2026.
Le 1er avril, quatre astronautes ont décollé vers la Lune. Ils viennent de battre un record vieux de 56 ans : 406 840 kilomètres de la Terre, au-delà de la face cachée. Cinquante minutes de silence radio, coupés du monde, plus loin que quiconque depuis Apollo 13. À bord : le premier astronaute noir à survoler la Lune, la femme la plus éloignée de la Terre de l’histoire, un Canadien. Pas un Européen.
Pourtant, c’est Airbus, à Brême, qui a construit le module de service. Trente-trois moteurs, l’électricité, l’eau, l’air — la survie. Sans l’Europe, personne ne respire dans cette capsule. Mais respirer ne donne pas droit à un siège.
L’Agence spatiale européenne vient d’obtenir un budget « record » de 22 milliards sur trois ans. Ça reste inférieur au budget annuel de la NASA. Et quand Trump a enterré la station Gateway en février, la base orbitale lunaire où l’Europe devait enfin avoir sa place, les accords qui promettaient des sièges aux Européens sont partis avec. L’ESA « n’a pas encore sécurisé d’engagement » pour un siège. Traduction : on n’a rien. On attend qu’on nous invite.
L’Europe sait construire. Elle ne sait pas oser. Sous-traitant de luxe d’une civilisation qui avance sans elle et qui ne lui a même pas gardé une place…



