

Les 14 et 15 février 2026, le carnaval de Carnestoltes à Encamp, en Andorre, a mis en scène le jugement et l’exécution d’une effigie habillée aux couleurs d’Israël. Le « roi » du carnaval, figure traditionnellement condamnée pour incarner les maux de l’année, portait une tenue bleu et blanc et une large étoile de David peinte sur le visage. Il a été pendu, fusillé avec une arme factice, puis brûlé devant la foule.
Le comité des fêtes invoque la satire et la guerre à Gaza. L’étoile de David n’est pas un drapeau — c’est le symbole du judaïsme depuis des siècles. Brûler une effigie qui le porte, ce n’est pas critiquer un État. C’est de l’antisémitisme. Le maire était là. Il a regardé.
Isaac Benchluch, président de l’Association culturelle israélite et de la communauté juive d’Andorre (ACIV), a qualifié l’acte de « grave insulte » au peuple juif et exigé des excuses publiques. Le chef du gouvernement andorran Xavier Espot et l’ambassadeur d’Israël Joshua Zarka ont apporté leur soutien à la communauté juive. En Andorre, pays de 80 000 habitants, la communauté juive compte quelques dizaines de familles. Au Royaume-Uni aussi, les actes antisémites se banalisent dans l’indifférence des autorités.
LE PRÉCÉDENT

Le 3 mars 2019, le carnaval d’Aalst, en Belgique, défile avec le char « Sabbat Jaar » du groupe De Vismooil’n. Des marionnettes géantes représentent des juifs orthodoxes aux nez crochus, assis sur des sacs d’argent, des rats sur l’épaule. Des participants portent des tenues du Ku Klux Klan. Ce n’est pas la première fois : en 2013, un char figurait un wagon nazi avec des participants en uniforme SS.
Même défense qu’à Encamp : « tradition », « satire », « aucune intention antisémite ». Le 13 décembre 2019, l’UNESCO tranche. Le carnaval d’Aalst est retiré de la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est la première fois dans l’histoire de l’organisation. Motif officiel : « récurrence de représentations racistes et antisémites incompatible avec les principes de la Convention de 2003 ». Le précédent existe. La communauté internationale a déjà jugé.
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