Les faits. Le 20 janvier 2026, Israël a démoli le siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est. Onze pays, dont la France, ont condamné cette action comme une violation du droit international. L’UNRWA gère 5,9 millions de « réfugiés » palestiniens enregistrés, contre 750 000 en 1948.
L’idée implicite. L’UNRWA serait une agence humanitaire neutre, injustement attaquée par Israël. Son action serait indispensable à la survie des Palestiniens.
Notre décryptage. L’UNRWA n’est pas une agence d’aide temporaire : c’est une machine institutionnelle qui perpétue le statut de réfugié sur quatre générations. Infiltrée par le Hamas, finançant des écoles qui enseignent la haine, elle incarne l’échec programmé de la diplomatie internationale.
Soixante-dix-huit ans. C’est le temps qu’il a fallu à l’UNRWA pour transformer 750 000 personnes déplacées en 5,9 millions de « réfugiés ». Aucune autre agence onusienne n’a réussi un tel prodige : multiplier par huit le nombre de ses bénéficiaires tout en échouant totalement à résoudre le problème qu’elle était censée traiter. Lorsqu’Israël démolit le siège de cette organisation à Jérusalem-Est le 20 janvier 2026, onze pays occidentaux crient au scandale. Ils défendent pourtant une institution unique en son genre : la seule agence de l’ONU qui accorde un statut de réfugié héréditaire, transmissible de génération en génération, sans limite dans le temps.
Le statut de réfugié palestinien n’a aucun équivalent dans l’histoire. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) gère 30,5 millions de réfugiés dans le monde selon des règles claires : seules les personnes ayant fui leur pays conservent ce statut. Leurs enfants nés ailleurs ne sont pas réfugiés. C’est ainsi que les millions de personnes déplacées lors de la Partition de l’Inde en 1947, ou les 850 000 Juifs expulsés des pays arabes après 1948, ont vu leur situation résolue en une génération. L’UNRWA, elle, fonctionne à l’inverse : elle enregistre comme réfugiés tous les descendants, par lignée paternelle, sans limite. Un Canadien né à Montréal dont le grand-père vivait en Palestine en 1948 peut obtenir le statut de réfugié UNRWA. Ce n’est plus de l’humanitaire, c’est de la comptabilité ethnique.
L’industrie de la perpétuation
Cette anomalie n’est pas un bug, c’est le cœur du système. L’UNRWA ne vise pas à réinstaller les réfugiés ou à leur faire quitter ce statut — comme le fait le HCR partout ailleurs. Sa mission officielle est de subvenir à leurs besoins « jusqu’à solution politique juste et durable ». En clair : jusqu’à ce qu’Israël disparaisse. Car la « solution juste », selon l’interprétation palestinienne, c’est le « droit au retour » de millions de descendants dans un Israël qui n’existerait plus. L’UNRWA ne résout pas le conflit, elle en est devenue un acteur. Avec un budget annuel d’un milliard de dollars — dont 60 % consacrés à l’éducation —, elle emploie 32 000 personnes et gère des écoles, des cliniques, une administration parallèle. C’est un quasi-État dans l’État, notamment à Gaza.
Et dans cet État, le Hamas est chez lui. L’enquête du Bureau des services de contrôle interne de l’ONU, publiée en août 2024, a confirmé que neuf employés de l’UNRWA « pourraient avoir été impliqués » dans les attaques du 7 octobre 2023. Neuf licenciés sur douze accusés. Israël, lui, affirme que 10 % du personnel de Gaza — soit environ 1 200 personnes sur 13 000 — aurait des liens avec le Hamas ou le Jihad islamique. L’UNRWA répond qu’Israël n’a pas partagé ses preuves. Mais les tunnels découverts sous le siège de l’agence à Gaza en février 2024, les armes trouvées dans ses écoles lors des conflits de 2012-2014, les roquettes lancées depuis ses installations ne sont pas des allégations : ce sont des faits documentés, y compris par l’ONU elle-même.
En novembre 2022, l’UNRWA découvre un tunnel sous l’une de ses écoles à Gaza. Elle suit alors son protocole habituel : sceller le tunnel au ciment, informer Israël et l’Autorité palestinienne. Mais en 2014, un responsable de l’agence avait confié au Wall Street Journal qu’une partie du parking du siège s’était effondrée — probablement à cause d’un tunnel Hamas. « Tout le monde le savait », avait-il déclaré. Tout le monde savait, mais rien ne changeait.
L’école de la haine
Le problème n’est pas seulement celui des tunnels. C’est celui des salles de classe. IMPACT-SE, institut de surveillance de la paix et de la tolérance dans l’éducation scolaire, a examiné plus de 1 000 manuels palestiniens utilisés dans les écoles UNRWA. Ses conclusions sont accablantes : antisémitisme systématique (les Juifs décrits comme « ennemis de l’Islam »), glorification du martyre et d’attaques terroristes, appels au djihad pour la « libération de la Palestine », absence totale d’Israël sur les cartes — remplacé par « occupation sioniste » —, suppression de toute référence aux accords de paix. L’Institut Georg Eckert, mandaté par l’Union européenne, a confirmé ces « récits antisémites et glorifications de la violence » incompatibles avec les normes de l’UNESCO.
Le Parlement européen a condamné l’UNRWA en 2021 pour ces manuels et menacé de conditionner les financements. La Belgique avait déjà suspendu son aide en 2018 pour cette raison. Mais l’argent a continué de couler. Parce que l’UNRWA est « irremplaçable », selon Sigrid Kaag, coordinatrice de l’ONU. Irremplaçable dans quoi, exactement ? Dans l’enseignement de la haine aux enfants palestiniens ? Dans la gestion d’écoles où l’on apprend qu’Israël n’existe pas et que le « martyre » est une vertu ? L’UNRWA admet l’existence de « situations problématiques » dans ses écoles. Problématiques : le mot est faible pour décrire un système éducatif qui fabrique des générations de jeunes Palestiniens convaincus que leur seul avenir passe par la destruction d’Israël.
« L’UNRWA a une approche de la neutralité très développée et interdit toute activité politique. »
Porte-parole de l’UNRWA, janvier 2024
Cette déclaration aurait pu être crédible si elle n’avait pas été prononcée quelques jours après la découverte d’un centre de données sophistiqué du Hamas, enfoui à 18 mètres sous terre, connecté au système électrique de l’UNRWA. « Neutralité très développée » : l’expression sonne comme une plaisanterie sinistre. L’UNRWA n’est pas neutre. Elle est, au mieux, infiltrée. Au pire, complice. Entre les deux, il y a une zone grise confortable où l’on peut prétendre ne rien savoir, ne rien voir, ne jamais agir — tout en continuant de toucher son milliard de dollars annuel.
Lorsque la France condamne Israël pour avoir démoli ce siège, elle ne défend pas le droit international. Elle défend une institution qui perpétue le conflit depuis trois quarts de siècle. Six jours plus tard, le 28 janvier 2026, Paris soutenait l’inscription des Gardiens de la révolution iraniens — principaux financeurs du Hamas — sur la liste européenne des organisations terroristes. Cette séquence dit tout de l’incohérence occidentale : condamner ceux qui détruisent l’infrastructure terroriste, tout en désignant ceux qui la financent. Entre les deux, une agence onusienne qui transforme des enfants en soldats idéologiques et des familles en « réfugiés » professionnels. L’angélisme a ses limites. L’UNRWA les a franchies depuis longtemps.




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