Les faits. René Hadjadj, 89 ans, a été défenestré du 17ᵉ étage par son voisin Abdelkader M., qui criait « Allah Akbar » en le précipitant dans le vide. L’agresseur a été déclaré irresponsable pénalement pour « bouffée délirante aiguë » malgré un historique de menaces antisémites. Il sera jugé pour homicide involontaire, pas pour meurtre.
L’idée implicite. Les agressions antisémites commises par des musulmans relèveraient essentiellement de troubles psychiatriques, non d’une idéologie haineuse.
Notre décryptage. En psychiatrisant systématiquement ces crimes, la justice française se rend complice d’un déni mortifère : elle refuse de reconnaître que l’antisémitisme islamiste est une réalité idéologique importée que l’abandon de l’assimilation a permis de prospérer.
Dix-sept étages. C’est la hauteur de la chute que René Hadjadj, 89 ans, rescapé de la Shoah, a subie le 17 mars 2023 dans son immeuble lyonnais. Son voisin, Abdelkader M., l’a attrapé, traîné jusqu’au balcon et jeté dans le vide en hurlant « Allah Akbar ». Le vieil homme est mort sur le coup. Deux ans plus tard, le procès qui s’ouvre à Lyon devrait être celui d’un meurtre antisémite. Il sera celui d’un « homicide involontaire » commis par un homme jugé « irresponsable » au moment des faits. Cette qualification juridique n’est pas un détail technique. Elle est l’expression d’un choix politique : celui de ne pas nommer la réalité.
La psychiatrisation comme stratégie d’évitement
Abdelkader M. a été diagnostiqué en « bouffée délirante aiguë » par les experts psychiatres. Cette pathologie, survenue « subitement » selon les expertises, aurait aboli son discernement. Peu importe qu’il ait proféré des menaces antisémites contre René Hadjadj depuis des mois. Peu importe qu’il ait traité sa victime de « sale juif » à répétition. Peu importe le cri rituel lancé pendant le meurtre. Tout cela disparaît derrière le diagnostic psychiatrique, transformé en absolution judiciaire.
Cette mécanique est devenue une habitude en France. Sarah Halimi, 65 ans, défenestrée en 2017 par Kobili Traoré au cri de « Allah Akbar » après avoir été rouée de coups pendant qu’il récitait des sourates. Irresponsable pénalement : consommation de cannabis. Pas de procès. Jérémy Cohen, 31 ans, lynché à mort en février 2022 à Bobigny après avoir été poursuivi par un groupe criant des insultes antisémites. L’enquête conclut à un « différend routier » sans mobile antisémite. René Hadjadj rejoint cette liste macabre de Juifs français tués par des musulmans radicalisés dont les meurtres sont systématiquement requalifiés.
Le schéma est toujours le même. D’abord, minimiser le contexte idéologique. Ensuite, invoquer une pathologie psychiatrique ou un « accident ». Enfin, nier le caractère antisémite, voire criminel. Cette stratégie d’évitement judiciaire n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète une incapacité politique assumée à affronter une réalité : l’importation en France d’un antisémitisme islamiste violent que les politiques multiculturalistes ont laissé prospérer.
Aux Pays-Bas, le meurtre du réalisateur Theo van Gogh en 2004 par Mohammed Bouyeri a marqué un tournant. Égorgé en pleine rue après avoir réalisé un film critique sur l’islam, van Gogh est devenu le symbole de ce que le multiculturalisme hollandais avait produit : des enclaves communautaires imperméables aux valeurs libérales. Contrairement à la France, les Pays-Bas ont nommé le problème. Bouyeri a été condamné à perpétuité pour terrorisme, sans circonstances atténuantes psychiatriques. Le pays a depuis abandonné le multiculturalisme officiel au profit de politiques d’intégration contraignantes. Vingt ans plus tard, la France persiste dans le déni.
L’assimilation abandonnée, l’antisémitisme importé
Ce que la justice refuse d’admettre, les chiffres le crient. Selon le ministère de l’Intérieur, les actes antisémites ont augmenté de 1000% en 2023 par rapport à 2022, portés essentiellement par des acteurs issus de l’immigration musulmane. Les Juifs représentent moins de 1% de la population française mais subissent plus de 40% des actes racistes recensés. Cette surreprésentation vertigineuse n’est pas le produit d’un « climat » diffus. Elle est la conséquence directe d’une idéologie haineuse véhiculée dans certaines communautés musulmanes de France, nourrie par un antisémitisme théologique ancien réactivé par le conflit israélo-palestinien.
René Hadjadj vivait dans le 8ᵉ arrondissement de Lyon, un quartier marqué par une immigration nord-africaine importante où cohabitent populations juives et musulmanes. Cette cohabitation aurait pu être pacifique si la République avait maintenu son exigence d’assimilation. Mais le multiculturalisme en a décidé autrement. En abandonnant l’idée que les nouveaux arrivants devaient adopter les valeurs françaises — dont le refus de l’antisémitisme —, la France a permis l’importation et la perpétuation de haines millénaires. Abdelkader M. n’est pas tombé du ciel. Il est le produit d’un système qui a renoncé à transmettre, à exiger, à intégrer.
Ce renoncement a des visages concrets. Les écoles où l’enseignement de la Shoah est devenu impossible. Les quartiers où les Juifs ne peuvent plus porter de kippa sans risquer l’agression. Les synagogues transformées en bunkers. L’exil de milliers de familles juives vers Israël ou vers des quartiers plus sûrs. Cette épuration silencieuse est le résultat prévisible d’une politique qui a préféré célébrer les « différences » plutôt que d’imposer un socle commun de civilisation.
« Ce drame illustre les conséquences tragiques du non-traitement des troubles psychiatriques graves. »
Communiqué de l’association de défense de la santé mentale, mars 2023
Vraiment ? Si Abdelkader M. avait défenestré son voisin en criant « Vive le Roi ! » ou « Heil Hitler ! », invoquerait-on les mêmes « troubles psychiatriques » ? Bien sûr que non. La justice aurait immédiatement reconnu la dimension idéologique du crime. Mais lorsque c’est « Allah Akbar » qui accompagne le meurtre d’un Juif, soudain, tout devient pathologie individuelle. Cette asymétrie révèle la vraie nature du problème : la France a peur de nommer l’ennemi. Peur d’admettre que l’islamisme radical n’est pas une « radicalisation » mystérieuse, mais une idéologie cohérente qui désigne explicitement les Juifs comme ennemis. Peur d’affronter les conséquences de décennies d’immigration massive sans assimilation.
Le procès de Lyon ne jugera pas un meurtrier. Il jugera un « malade ». Il ne reconnaîtra pas l’antisémitisme. Il constatera une « altération du discernement ». Il ne protégera pas les Juifs de France. Il protégera le dogme multiculturaliste de la confrontation avec ses échecs sanglants. René Hadjadj méritait mieux que ce déni. Il méritait une République capable de dire la vérité : qu’un homme l’a tué parce qu’il était juif, que cette haine n’est pas tombée du ciel, et que tant que la France refusera de nommer l’idéologie qui l’alimente, d’autres mourront dans le silence complice de ses institutions.




Laisser un commentaire