Depuis le 7 octobre 2023, la France vit au rythme des happenings propalestiniens. La mécanique s’avère implacable : la mise en scène campe un Israélien, que rien ne distingue d’un Juif, pour lui faire endosser tous les crimes. Par la force de la répétition, ces exhibitions forgent de tenaces préjugés et diabolisent une population entière.
Cortège du samedi, drapeau au fronton d’une mairie, faux checkpoint sur une place, chorale sur un port, colloque dans un musée national ou match de football truqué sur une plage : la mobilisation ne connaît aucun répit. Marseille en a offert la dernière en date, le 22 juillet, avec un faux match. Les règles, édictées au micro avant le coup d’envoi, plantent le décor : « zéro droit pour l’équipe palestinienne », « tous les droits, y compris les plus fous, pour les footballeurs israéliens ». Si chaque action se donne des airs d’élan spontané, leur accumulation martèle un message univoque depuis bientôt trois ans.
INCITATION A LA HAINE D’ISRAEL EN PLACE PUBLIQUE
Monsieur @BenoitPayan, vous tolérez un cirque antisémite sur les plages du Prado et prétendez ensuite lutter contre le racisme et l’antisémitisme ?
Après les 80 000 € versés au Hamas, qui pensez-vous convaincre ?Jugé Coupable (@JCoupable) 23 juillet 2026
Le mode opératoire obéit à un même scénario. L’Israélien, systématiquement assimilé au Juif, s’y voit accablé de tous les stigmates : tricheur, spoliateur, tortionnaire, génocidaire. Les décors tournent, le rôle demeure. Aucune de ces représentations n’évoque la construction d’un état palestinien ; toutes appellent à la destruction d’Israël.
La projection charge le Juif de ce que l’époque déteste
Chaque époque se forge son mal absolu, qu’elle impute à un bouc émissaire désigné d’avance. L’accusateur y projette ses propres démons : celui qui appelle au meurtre accuse l’autre d’assassinat ; celui qui pense en termes de race dénonce le racisme adverse. Le verdict tombe avant le procès. Le groupe finit par incarner l’infamie qu’on lui prête.
Tel est l’effet recherché. Le badaud d’un après-midi de plage ne retient aucune analyse sur le Proche-Orient ; il n’emporte qu’une image. Et cette image ne cible pas « le gouvernement israélien », elle pointe « eux ». Un citoyen n’ayant jamais croisé un Juif acquiert une certitude : ils trichent, ils écrasent, ils tuent des enfants. Personne ne lui a enseigné ce postulat. Il l’a absorbé, et aucun argument ne l’en délogera. Le préjugé s’enracine par la répétition bien plus que par la démonstration, une mécanique que le militant rejoue chaque semaine.
Si la cible demeure immuable, le chef d’inculpation épouse l’air du temps : crime rituel au Moyen Âge, complot financier puis judéo-bolchevique à l’ère des nations, colonialisme et génocide aujourd’hui.
Le décor se démonte et se remonte de ville en ville
Le 17 juillet, un faux checkpoint surgit à Montbéliard. Le 20, la même mise en scène investit le Vieux-Port de Marseille, agrémentée d’une chorale. Le 22, elle s’installe sur les plages du Prado. Entre-temps, les fêtes basques ont hissé les couleurs de la Palestine. D’une ville à l’autre, l’imagination tourne à vide : on rejoue la pièce.
Les 21 et 22 mai, le Mucem accueillait un colloque consacré à l’art de Gaza, inscrit et financé par la Saison Méditerranée, programme culturel d’état. L’état programme la pièce, lui offre une scène et en règle la facture.
La mise en scène façonne une caricature grossière : un Israélien à qui tout est permis, face à un Palestinien spolié du moindre droit. Aucune de ces représentations ne s’embarrasse de distinguer l’Israélien du Juif.
Une caricature isolée prête à débat. Martelée chaque semaine pendant trois ans, sur le sable, dans les musées, sur les écrans, elle cesse d’être une fiction et passe pour vraie.
Une plage, une chorale, un musée national, un programme financé par l’état : le décor rassure. Hurlé dans la rue, le même propos ferait reculer ; adoubé par une institution culturelle, il devient fréquentable.
La fiction théâtralisée se paie dans la rue. Des citoyens y sont ciblés pour une kippa, un nom ou l’adresse d’une synagogue. Le pays en recense plus de trois cas par jour.
Les actes antisémites ont triplé en trois ans
La France en recensait 436 en 2022. Elle en compte 1,320 en 2025, après un pic à 1,676 l’année du 7 octobre. Malgré la décrue des deux dernières années, le pays reste trois fois au-dessus de son niveau d’avant le 7 octobre 2023. Ces violences concentrent 53 % des actes antireligieux, contre une communauté qui pèse moins de 1 % de la population. Surtout, 67,4 % de ces actes visent des personnes plutôt que des biens. Une plaque taguée se nettoie ; un homme roué de coups dans une cage d’escalier, non.
La justice a condamné Olivia Zemor pour apologie du terrorisme
EuroPalestine, l’association derrière le match truqué du Prado, est présidée par Olivia Zemor depuis 2002. Le 26 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris l’a condamnée à 24 mois de prison avec sursis, assortis d’une inscription au FIJAIT (le fichier des auteurs d’infractions terroristes), pour apologie du terrorisme. En cause : deux articles publiés les 7 et 8 octobre 2023. Si l’intéressée a fait appel, son casier portait déjà une condamnation du 17 mai 2012 pour provocation à la haine. Le ministère de l’Intérieur a envisagé la dissolution d’EuroPalestine en 2024 ; elle n’a jamais été prononcée. Critiquée, l’organisation crie à la censure et s’arroge le statut de victime qu’elle refuse à ses cibles.
La cause palestinienne sert de véhicule au frérisme
Dès sa fondation en 1988, le Hamas s’est défini comme la branche palestinienne des Frères musulmans, une filiation gravée dans l’article 2 de sa charte. L’idéologie frériste progresse davantage par l’entrisme culturel et institutionnel que par la lutte armée. L’occupation de l’espace public est au cœur de cette stratégie, le happening lui servant de vitrine inoffensive. La personne qui reprend cette rhétorique ne se convertit à rien : elle croit défendre des civils.
La cause palestinienne est le cheval de Troie du frérisme, et les Français en tiennent la porte.
Ces organisateurs sont des agents de déstabilisation. L’état les laisse occuper ses plages, les programme dans ses musées nationaux et les paie avec l’argent du contribuable. Ce laisser-faire est une complicité. À force d’ériger le Juif en coupable idéal, le pays a intériorisé une grille de lecture islamiste : un Occident à racheter, un peuple à punir, une cause qui absout tout. L’état a deux devoirs immédiats : couper les vivres à ces mises en scène et prononcer la dissolution d’EuroPalestine, envisagée depuis 2024 et jamais signée.



