Disparition médiatique et questions occultées
En novembre 2024, le groupe de services informatiques Capgemini annonçait la suppression de 2400 postes en France. Une nouvelle majeure pour l’emploi qui a pourtant disparu des radars en un temps record.
Les articles de presse relatant cette annonce ont en effet été rapidement effacés des sites web, rendant aujourd’hui difficile toute analyse approfondie du sujet. Seules quelques bribes de métadonnées subsistent, suggérant que Capgemini “envisageait” ou “prévoyait” ces suppressions, sans plus de détails.
Cette volatilité de l’information, symptomatique du traitement médiatique de sujets sociaux, pose plusieurs questions. Pourquoi ces contenus ont-ils été si vite relégués aux oubliettes ? Quels sont les véritables enjeux économiques et idéologiques derrière ces décisions ?
Capgemini, champion français de l’externalisation
Capgemini, fleuron français du conseil et des services informatiques, emploie près de 340 000 collaborateurs dans le monde. Avec un chiffre d’affaires de 22 milliards d’euros en 2023, l’entreprise est un acteur majeur du secteur.
Cependant, comme beaucoup d’ESN françaises, Capgemini a depuis longtemps entamé un mouvement de délocalisation de ses activités. Débutées dans les années 2000 vers l’Inde, ces externalisations se sont ensuite étendues à d’autres pays à bas coûts comme la Roumanie, le Maroc ou la Pologne.
Aujourd’hui, la concurrence internationale féroce dans les métiers du conseil et de l’informatique, conjuguée à l’automatisation par l’intelligence artificielle, pousse Capgemini à revoir drastiquement son modèle.
Quand le progressisme se heurte à la réalité
Face à cette décision, les réactions syndicales et politiques s’annoncent vives. Le discours progressiste attendu mêlera sans doute condamnation morale du “capitalisme sauvage”, appels à l’intervention de l’État et valorisation de la “résistance ouvrière”.
Mais au-delà des slogans, quelles sont les vraies solutions ? Le modèle social français, avec ses coûts salariaux élevés et sa réglementation rigide, est-il encore compatible avec la compétition mondiale ? Quelles sont les causes structurelles qui poussent les entreprises à délocaliser ?
Autant de questions que le progressisme peine à aborder avec lucidité, préférant souvent l’indignation à l’analyse des réalités économiques. La disparition médiatique de cette information en est un symptôme révélateur.
Conclusion : reconstruire une mémoire critique
L’effacement des articles de presse sur ce sujet majeur empêche malheureusement une analyse détaillée. Mais cette situation en dit long sur le traitement superficiel réservé aux questions sociales par les médias.
Face à cette amnésie collective organisée, le rôle de Progressisme.com est d’autant plus essentiel : reconstituer une mémoire critique, interroger les présupposés idéologiques et mettre en lumière les vrais enjeux. Car seule une réflexion approfondie et dépassionnée permettra de relever les défis de la mondialisation.




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