L’affirmation. LFI dénonce une « persécution politique » après la garde à vue de Rima Hassan, accusant le pouvoir de violer son immunité parlementaire.
Le sous-texte. Chaque élément de cette défense est un mensonge vérifiable. La stratégie de victimisation suit un protocole désormais systématique, et les médias en sont le relais actif.

Le 30 mai 1972, trois membres de l’Armée rouge japonaise ouvrent le feu dans le terminal de l’aéroport de Lod, en Israël. 26 civils sont tués, dont 17 pèlerins chrétiens. 80 blessés. Kōzō Okamoto, le seul survivant du commando, est condamné à la prison à vie. C’est cet homme que Rima Hassan a qualifié de « héros de la résistance » dans un tweet publié le 26 mars, supprimé depuis.
Le 2 avril, Hassan est placée en garde à vue pour apologie du terrorisme. De la 3-MMC, une drogue de synthèse, est découverte dans ses affaires. En 48 heures, LFI déploie sa machine de guerre communicationnelle. Trois mensonges, un protocole, zéro contradiction dans les médias.
Trois mensonges de Rima Hassan et LFI en 48 heures
Premier mensonge : la drogue. Manuel Bompard affirme que la 3-MMC retrouvée sur Hassan est « un médicament courant ». La 3-MMC est une cathinone de synthèse aux effets proches de la MDMA et de la cocaïne, classée stupéfiant depuis 2012. Le parquet a confirmé la saisie et le test positif. Bompard le sait. Il ment, puis exige des excuses des médias. Des excuses pour avoir relayé un communiqué officiel du parquet. Il exige donc des excuses pour avoir dit la vérité.
Deuxième mensonge : l’immunité. L’immunité parlementaire protège les actes liés à la fonction, les votes et les discours dans l’hémicycle. Glorifier un terroriste sur Twitter n’en fait pas partie. La procédure de flagrance, déclenchée par un tweet public, est une exception légale prévue par la Constitution. LFI le sait parfaitement. Mélenchon a siégé 35 ans à l’Assemblée. En parlementaire madré, il connaît l’article 26. Il prétend que l’immunité a été violée. Ce n’est pas une erreur d’interprétation. C’est un mensonge sciemment fabriqué pour transformer une contrevenante manifeste à la loi en martyre.
Troisième temps : les fuites. Des éléments de la garde à vue filtrent dans la presse en temps réel, notamment la découverte de la drogue. Le parquet ouvre une enquête pour violation du secret de l’enquête, fait quasi inédit. LFI s’en empare aussitôt : Bompard présente l’ouverture de cette enquête comme « une nouvelle victoire ». Le tour est joué. Le débat ne porte plus sur le tweet, mais sur les fuites.
La caisse de résonance
Le plus remarquable n’est pas que LFI mente. C’est que personne ne vérifie. Les matinales reprennent la formule « violation de l’immunité » sans ouvrir la Constitution. Les chroniqueurs débattent d’un « deux poids deux mesures » entre Hassan et les élus de droite poursuivis, sans mentionner que la flagrance est codifiée depuis 1958. En trois jours, le cadre LFI devient le cadre médiatique.
Le fond disparaît sous la polémique procédurale. Hassan, trouvée en possession de stupéfiants selon le communiqué du parquet, avait glorifié le massacre de 26 civils. Bompard qualifie le tweet de reflet de « la résistance exemplaire du peuple palestinien », associant tout un peuple à un massacre perpétré par un commando japonais contre des civils désarmés. Ces faits ne sont plus discutés. Le débat porte désormais sur les conditions de la garde à vue, sur les « droits bafoués » d’une élue qui célébrait un tueur de masse.
LFI ne manipule pas les médias. Elle n’en a pas besoin. Il suffit de fournir la polémique clé en main, le cadre victimaire prêt à l’emploi et les éléments de langage calibrés pour le direct. Les rédactions ne relaient pas sous la contrainte. Elles relaient par paresse, par conformisme ou, plus inquiétant, par adhésion. Quand un parti peut mentir trois fois en 48 heures sans qu’une seule rédaction ne publie un démenti, ce n’est plus du journalisme. C’est du service après-vente.




